Les changements de Manifest V3 — Google vient-il de casser votre bloqueur de publicités ? (Et que faire ensuite)

Si vous lisez ceci, il y a de fortes chances que vous croyiez en deux choses. Premièrement, vous avez droit à une navigation rapide et épurée. Et deuxièmement, les bloqueurs de publicités sont indispensables pour y parvenir. 

Pendant des années, des bloqueurs de publicités comme uBlock Origin ont offert aux utilisateurs de Chrome et de Firefox une expérience de blocage des publicités inégalée. Mais aujourd’hui, si vous êtes sur Chrome et que vous utilisez uBlock Origin, l’extension a probablement cessé de fonctionner chez vous. 

C’est parce que Chrome est récemment passé à une nouvelle plateforme d’extensions appelée Manifest V3. Celle-ci soumet toutes les extensions à un ensemble de règles qu’elles doivent respecter pour fonctionner sur la plateforme. Et cela a affecté de nombreux bloqueurs de publicités. 

Dans cet article, nous allons aborder les changements de MV3, avec le quoi, le comment et le pourquoi. 


Google vient-il de casser mon bloqueur de publicités ?

La réponse courte est non, pas entièrement. Mais la vérité, plus longue et plus nuancée, est que Google a sans aucun doute rendu la tâche des meilleurs bloqueurs de publicités beaucoup, beaucoup plus difficile. 

Ce changement tient moins aux performances qu’à un discret basculement technique du contrôle. Contrairement à la liberté simple et directe dont nous disposions autrefois, le nouveau système oblige les bloqueurs de publicités à se conformer. Ce changement touche au cœur même de l’utilité et du contrôle par l’utilisateur, et c’est précisément pour cela qu’il compte.


Pourquoi Google a-t-il introduit Manifest V3 ?

La position officielle de Google sur le passage à Manifest V3 repose sur trois piliers clés : la sécurité, les performances et la confidentialité. Et cela n’est pas dénué de fondement. Chrome a eu un sérieux problème de malwares, car il était (et reste) le navigateur préféré de beaucoup de gens, y compris de ceux qui ne sont pas très à l’aise avec la technologie ni soucieux de leur vie privée. Et une grande partie de ces malwares provenait d’extensions non vérifiées qui abusaient des règles de Manifest V2. C’était donc pour le mieux. Mais nous ne pouvons pas ignorer le fait que Google a aussi tiré profit de cette décision. Nous devons donc aborder la question avec un peu de scepticisme nécessaire.

L’argument technique valable

Google avance un argument technique solide : l’immense puissance de l’ancien Manifest V2 (MV2) constituait une énorme faille de sécurité. La norme MV2 utilisait l’API webRequest, qui donnait aux extensions la possibilité d’examiner et de modifier pratiquement chaque requête Web avant même son chargement.

Pour un outil légitime comme un bloqueur de publicités, cette puissance était essentielle. Mais pour une extension malveillante ou compromise, cette même puissance lui permettait de :

  • Intercepter des données privées comme les cookies de session ou les identifiants de connexion.
  • Injecter du code malveillant dans les sites que vous visitez.
  • Suivre toute votre activité de navigation sans grand effort technique.

En obligeant les extensions à passer à un modèle moins puissant, l’API Declarative Net Request, le contrôle est en grande partie transféré au sein même du navigateur Chrome. Il devient ainsi réellement plus difficile pour une extension malveillante de mener le type d’attaques invasives en temps réel que MV2 rendait possibles. En termes de sécurité globale du navigateur, c’est une amélioration technique.

L’argument sceptique

Si l’argument de la sécurité est solide, nous devons regarder la réalité pratique. Google est fondamentalement une entreprise publicitaire. Les bloqueurs de publicités qui sont restreints sont précisément ceux qui empêchent Google d’afficher son produit phare.

Le changement le plus important de MV3, celui qui a cassé le fonctionnement des bloqueurs de publicités les plus avancés, est la limite stricte du nombre de règles qu’une extension peut avoir.

Les bloqueurs de publicités modernes et efficaces ont besoin de centaines de milliers de règles complexes pour bloquer les variantes sans cesse changeantes des publicités et des scripts de pistage. MV3 oblige les développeurs à travailler avec une limite de règles bien plus faible et codée en dur. Cela signifie que les listes de filtres les plus complètes (celles qui vous offrent cette « navigation épurée ») ne peuvent tout simplement pas être entièrement mises en œuvre.

Cette restriction profite à l’éditeur du navigateur et aux annonceurs, tandis que les utilisateurs et les développeurs d’extensions peinent à maintenir le statu quo. Ce changement ne vise pas avant tout à renforcer la sécurité ; il s’agit de redéfinir les conditions du contrôle au sein de l’écosystème de Google.


Les bloqueurs de publicités vont-ils cesser de fonctionner sur Chrome à cause de Manifest V3 ?

La crainte la plus répandue concernant MV3 est que tous les bloqueurs de publicités disparaissent soudainement du Chrome Web Store, ce qui est une simplification excessive. Google n’interdit pas les bloqueurs de publicités. Il les oblige plutôt à utiliser un ensemble d’outils techniques fondamentalement différent et plus restrictif.

L’ancienne norme, Manifest V2 (MV2), accordait beaucoup de pouvoir aux extensions, notamment grâce à une fonctionnalité appelée webRequest. Celle-ci permettait à un bloqueur de publicités d’examiner chaque requête réseau – une publicité, un traqueur, un fichier image – et, en fonction de sa propre liste de filtres complexe, de décider de la bloquer ou de la laisser passer. C’était un gardien parfait et efficace.

Manifest V3 remplace cette fonctionnalité puissante par une alternative moins flexible appelée l’API Declarative Net Request. Voyez les choses ainsi :

  • MV2 (l’ancienne méthode) : votre bloqueur de publicités était un videur personnel posté à l’entrée de la boîte de nuit (le site Web). Il disposait d’une liste d’invités infiniment longue (votre liste de filtres) et pouvait vérifier chaque personne (requête réseau) par rapport à celle-ci et prendre une décision immédiate, en temps réel, de la refouler.
  • MV3 (la nouvelle méthode) : votre bloqueur de publicités doit désormais soumettre à l’avance une liste bien plus courte de « personnes à bloquer » au propriétaire de la boîte (le moteur du navigateur Chrome). Le videur a disparu. C’est désormais le navigateur lui-même qui décide, sur la base de cette liste limitée soumise à l’avance, qui peut entrer.

Les bloqueurs de publicités continueront donc de fonctionner, mais leur capacité à réagir rapidement et avec des règles personnalisées très complexes est fortement limitée. On leur a retiré leur scalpel pour leur donner un couteau à beurre.


Les bloqueurs de publicités Manifest V3 sont-ils moins efficaces que les anciennes versions MV2 ?

Vous remarquerez une différence, surtout si vous comptez sur les bloqueurs de publicités pour gérer les publicités particulièrement tenaces ou retorses. Le problème de fond est la perte du filtrage complexe et dynamique.

Les bloqueurs de publicités modernes ne se contentent pas de bloquer une liste statique d’URL ; ils doivent souvent :

  • Bloquer l’injection d’éléments spécifiques : empêcher un certain élément HTML (comme un lecteur vidéo en pop-up) d’apparaître un jour sur la page.
  • Filtrer selon le contexte : ne bloquer une requête que si elle provient d’un domaine précis et qu’il ne s’agit pas d’une requête first-party.
  • Effectuer un filtrage cosmétique : masquer l’espace vide laissé par une publicité bloquée, ce qui nécessite d’examiner la page chargée et d’ajuster le CSS.

Les limites de l’API Declarative Net Request rendent les deux premiers points extrêmement difficiles à réaliser à grande échelle et avec la rapidité nécessaire. Cela signifie que si le blocage simple des publicités (c’est-à-dire le blocage d’un domaine publicitaire bien connu) fonctionnera toujours, les techniques anti-contournement les plus agressives utilisées par le mode avancé d’uBlock Origin sont considérablement entravées.

Pour l’utilisateur moyen, l’effet sera d’abord subtil : quelques publicités YouTube supplémentaires qui passent entre les mailles du filet, ou une publication sponsorisée qui échappe parfois au filtre. Pour l’utilisateur avancé, c’est une nette réduction de l’utilité et du contrôle.


Quelles fonctionnalités les bloqueurs de publicités ont-ils perdues avec la mise à jour MV3 ?

La plus grosse perte est l’évolutivité et la précision qu’offrait l’ancienne API webRequest. Cela affecte plusieurs fonctionnalités clés que les utilisateurs avancés tenaient pour acquises :

  • Injection de scripts personnalisés : MV2 permettait aux bloqueurs de publicités d’injecter du JavaScript personnalisé au cœur de la page pour effectuer des manœuvres anti-publicité et anti-pistage très complexes. C’est désormais fortement restreint et remplacé par une méthode d’injection de scripts de contenu moins puissante et moins flexible.
  • Ensembles de règles infinis : comme nous l’avons vu, la capacité à maintenir des listes de filtres massives et en constante évolution est limitée par la limite de règles codée en dur. Cela affecte directement la capacité du bloqueur de publicités à suivre le rythme des nouvelles technologies publicitaires qui changent constamment de noms de domaine ou de structure.
  • Analyse en temps réel : l’ancienne API permettait de prendre une décision en temps réel sur les requêtes réseau. L’API Declarative Net Request, de par sa nature même, est préventive et statique. La perte de l’analyse en temps réel signifie que le bloqueur de publicités s’adapte plus lentement aux techniques de pistage toutes nouvelles et inédites.

Le résultat net est un changement de philosophie. MV2 donnait aux développeurs les outils pour être des experts. MV3 leur donne les outils pour être des conformistes.


Quand les anciens bloqueurs de publicités Manifest V2 cesseront-ils complètement de fonctionner ?

Les anciens bloqueurs de publicités Manifest V2 (MV2), sans restrictions, ont déjà concrètement cessé de fonctionner sur Chrome.

La transition n’a pas été un basculement unique et brutal. Le support s’est progressivement érodé au cours des deux dernières années. Après les premières suppressions progressives en 2024, le support final des extensions MV2 a été entièrement retiré pour tous les utilisateurs de Chrome grand public à la mi-2025. Si vous utilisiez encore une extension MV2, Chrome l’a désactivée, et vous ne pouvez plus la réactiver ni l’installer depuis le Chrome Web Store. L’ère du bloqueur de publicités MV2 à pleine puissance sur Chrome est un chapitre que nous avons refermé.

Cependant, lorsque Google, leader de fait du marché des navigateurs, a annoncé ce changement fondamental du moteur Chromium, la technologie de base qui fait tourner de nombreux autres navigateurs, on supposait que tout le monde suivrait le mouvement. Nous nous attendions à une offensive uniforme et mondiale contre les bloqueurs de publicités puissants.

Cette supposition s’est heureusement révélée fausse.

Le passage à MV3 est en grande partie un problème propre à Chrome. Si de nombreux navigateurs sont basés sur Chromium, la plupart des alternatives populaires ont choisi de privilégier la liberté des utilisateurs plutôt que les règles restrictives de Google :

Alternatives basées sur Chromium

Ces navigateurs semblaient au départ condamnés au même sort, mais ils se sont activement efforcés de maintenir la prise en charge des extensions MV2, plus puissantes, jusqu’en 2025 et au-delà. Les développeurs de navigateurs comme Opera et Vivaldi ont expressément déclaré vouloir continuer à prendre en charge MV2 aussi longtemps que cela sera techniquement possible et que la demande des utilisateurs restera forte. C’est un engagement en faveur de l’utilité et du choix des utilisateurs.

Firefox

L’écosystème d’extensions de Firefox est complètement différent et n’est pas affecté par l’abandon de MV2 imposé par Chrome. Mozilla, l’éditeur de Firefox, a explicitement confirmé qu’il prendrait en charge à la fois les extensions MV2 et les nouvelles extensions MV3. Point crucial, Firefox conserve toutes les fonctionnalités de l’API webRequest d’origine, puissante, qui est le mécanisme qui a rendu les meilleurs bloqueurs de publicités si efficaces au départ.

Le paysage est simple. Si votre objectif est le niveau le plus élevé possible de blocage des publicités et du contenu sans restriction, le calendrier de Manifest V3 a poussé de nombreux utilisateurs avancés vers des navigateurs qui privilégient la flexibilité créative des développeurs plutôt que les restrictions des entreprises.

En vérité, même si vous devez accepter les limites de MV3 sur Chrome, vous disposez toujours d’alternatives puissantes et sans restriction sur les navigateurs qui ont estimé que le combat pour le contrôle par l’utilisateur valait l’effort d’ingénierie supplémentaire.


Comment utiliser uBlock Origin sur Chrome en 2026 ?

Compte tenu de tout ce que nous avons vu sur la position inflexible de Chrome concernant Manifest V3, la vérité, dure mais honnête, est que vous ne pouvez plus utiliser la version complète et sans restriction d’uBlock Origin (uBO) sur Chrome. Ce puissant videur personnel n’est tout simplement pas admis dans la nouvelle boîte.

Il vous reste donc deux options :

1. Utiliser uBlock Origin Lite

Comme l’uBO d’origine repose sur la puissante API webRequest de MV2, désormais complètement désactivée dans Chrome, son développeur, Raymond Hill, a créé une version spécialement conçue pour fonctionner dans les contraintes strictes de MV3 : uBlock Origin Lite.

L’ombre de lui-même : uBlock Origin Lite est essentiellement une ombre allégée de l’extension d’origine. Il utilise l’API restrictive Declarative Net Request, ce qui signifie qu’il doit s’en tenir aux ensembles de règles limités et pré-approuvés.

Ce qu’il peut faire : il reste efficace pour bloquer les publicités les plus courantes et les plus flagrantes grâce à un ensemble de filtres précompilés. Pour un utilisateur occasionnel qui veut simplement se débarrasser des bannières publicitaires de base, c’est une option solide et sûre.

Ce qu’il ne peut pas faire : il n’est pas capable d’effectuer un filtrage avancé et dynamique, ce qui signifie que les nouveaux traqueurs sophistiqués et les techniques astucieuses de contournement des bloqueurs passeront souvent à travers les mailles du filet. Vous perdez le contrôle granulaire et le blocage en temps réel qui faisaient d’uBO la référence absolue.

Si vous tenez au navigateur Chrome, la version « Lite » est l’une des meilleures options compatibles MV3 disponibles, mais sachez que vous acceptez délibérément une réduction de votre confidentialité et de vos capacités de filtrage.

2. Changer de navigateur Chromium

Si vous avez besoin du meilleur blocage des publicités, mais que vous êtes plus à l’aise avec Chrome. Votre meilleure stratégie consiste simplement à passer à un autre navigateur basé sur le même moteur Chromium qui a activement choisi de rejeter les contraintes MV3 de Google.

Vous n’avez pas à renoncer à la vitesse et à la compatibilité du moteur Chromium pour conserver votre puissant bloqueur de publicités.

Edge est une excellente alternative dans ce cas. Comme Opera et Vivaldi, Microsoft Edge a choisi de continuer à prendre en charge les anciennes extensions MV2, plus performantes, même après l’arrêt définitif décidé par Google.

En passant à l’une de ces alternatives basées sur Chromium, vous bénéficiez de plusieurs avantages clés :

  • Toute la puissance d’uBlock Origin : vous pouvez installer et exécuter la version MV2 originale et complète d’uBlock Origin (ou d’autres bloqueurs de publicités MV2 puissants) qui conserve les fonctionnalités de l’API webRequest, pour un blocage de premier ordre.
  • Familiarité : comme ils sont tous basés sur le moteur Chromium, l’expérience de navigation de base, les outils de développement et la compatibilité avec les sites vous sembleront immédiatement familiers, ce qui rend la transition presque indolore.
  • Confidentialité sans restriction : ce choix envoie un signal clair par votre usage : vous privilégiez l’utilité et le contrôle par l’utilisateur plutôt que les politiques restrictives d’un seul propriétaire de plateforme.

À retenir : si vous ne pouvez pas faire de compromis sur l’efficacité de votre bloqueur de publicités, vous devez changer de navigateur. La bonne nouvelle, c’est que la voie de sortie a été bien balisée par d’autres développeurs Chromium qui partagent votre attachement à l’autonomie des utilisateurs.


Quels sont les meilleurs bloqueurs de publicités compatibles MV3 ?

MV3 n’a pas que des inconvénients. Et de nombreux bloqueurs de publicités s’y sont déjà adaptés. Voici notre sélection des meilleurs bloqueurs de publicités compatibles MV3 :

1. AdGuard

AdGuard est sans doute la solution la plus efficace pour ceux qui exigent le plus haut niveau de filtrage, même à l’ère de MV3.

La force d’AdGuard est qu’il fonctionne au niveau du système grâce au filtrage DNS. Cela signifie qu’il bloque les publicités dans toutes les applications, pas seulement dans Chrome, contournant entièrement les restrictions MV3 du navigateur pour des performances optimales. Il obtient un score quasi parfait lors des tests indépendants, ce qui reflète sa capacité à gérer efficacement les régies publicitaires complexes.

AdGuard a été l’un des premiers développeurs à publier une extension compatible, prouvant que blocage des publicités et MV3 ne sont pas incompatibles, même si la version extension de navigateur est intrinsèquement plus limitée que son équivalent au niveau du système.

2. Surfshark CleanWeb 2.0

Surfshark CleanWeb n’est pas un bloqueur de publicités autonome ; il fait partie d’une offre de sécurité plus large, ce qui le rend très attractif pour le consommateur soucieux de sa vie privée.

Il est fourni avec Surfshark VPN et offre un argument de vente majeur : la protection d’un nombre illimité d’appareils, ce qui représente un excellent rapport qualité-prix pour un foyer. CleanWeb obtient de très bons scores aux tests de blocage des publicités, bloquant avec succès les publicités vidéo (y compris les publicités YouTube) et les scripts de pistage. Et l’extension de navigateur, CleanWeb 2.0, est compatible MV3 et fonctionne même lorsque le VPN n’est pas connecté.

3. NordVPN Threat Protection

Threat Protection de NordVPN met l’accent sur la sécurité autant, sinon plus, que sur la simple suppression des publicités.

Cette suite est conçue pour analyser les fichiers à la recherche de malwares et identifier les sites malveillants avant que vous ne les visitiez. C’est le choix idéal si vous considérez le blocage des publicités avant tout comme une fonctionnalité de sécurité. Même si son score brut de blocage des publicités est généralement inférieur à celui d’AdGuard ou d’uBlock Origin Lite, il bloque systématiquement les traqueurs et les publicités malveillantes. Point important, il fonctionne aussi indépendamment de la connexion VPN.

Threat Protection se présente avant tout comme une solution de confidentialité simple et tout-en-un pour ceux qui utilisent déjà un VPN ou en ont besoin, plutôt que comme un outil de filtrage des publicités dédié et hautement personnalisable.

La transition vers MV3 a obligé la plupart des développeurs à adopter une stratégie à deux niveaux : une extension de navigateur moins puissante et une application au niveau du système plus robuste. Les extensions présentées ci-dessus sont toutes compatibles MV3 et prêtes pour Chrome, mais elles offrent des points forts différents.


Pour conclure

Le déploiement de Manifest V3 a été un moment décisif pour le Web moderne, non pas parce qu’il a tué les bloqueurs de publicités, mais parce qu’il a mis au jour le conflit fondamental entre l’utilité pour l’utilisateur et le contrôle de la plateforme.

Ce qu’il faut retenir est simple : l’ère du bloqueur de publicités à extension unique et à la puissance illimitée sur Chrome est révolue. Vos outils les plus puissants ont été contraints d’évoluer vers des versions compatibles MV3 dont le scalpel a forcément été émoussé par les limites de règles imposées par Google.

Le choix vous appartient désormais, et il dépend de votre priorité :

  • Si vous privilégiez la sécurité et la commodité sur Chrome : les extensions compatibles MV3 comme AdGuard, Surfshark CleanWeb ou NordVPN Threat Protection sont d’excellentes alternatives. Elles fonctionnent au mieux lorsqu’elles sont utilisées dans le cadre d’une solution au niveau du système qui contourne les restrictions de Chrome.
  • Si vous privilégiez une puissance de blocage des publicités absolue et sans restriction : vous devez changer d’environnement. Des navigateurs comme Firefox, Edge et Vivaldi offrent un refuge, ayant délibérément choisi de maintenir la prise en charge des extensions MV2 puissantes et complètes.

Les détails techniques n’ont pas besoin d’être écrasants. L’essentiel est de comprendre que vous détenez toujours le pouvoir de choisir. En décidant à quel navigateur et à quels outils vous consacrez votre temps et votre attention, vous votez pour le type d’Internet que vous voulez utiliser. Cet attachement au contrôle est le meilleur bouclier qu’il vous reste.